Opéra- Page 3

Festin de porc

12 juin 2019
Il y a dans l’esthétique du « Don Giovanni » de Mozart quelques marottes théâtrales d’Ivo van Hove. La mécanisation déterministe du metteur en scène néerlandais, qui l’invite à condenser autant les tragédies shakespeariennes que les scénarios italiens, trouve un matériau privilégié dans cette machinerie infernale, tandis que les images coulantes qu’il

Macbeth en chapka

15 avril 2019
Toujours hanté par ses thèmes récurrents à la manière des fantomachies qu’il affectionne, Krzysztof Warlikowski aiguise avec brio sa grammaire dramaturgique et nous offre l’une des meilleures mises en scène que l’Opéra-Bastille ait connues depuis longtemps. L’opéra de Chostakovitch exige un effort de traduction incommensurable. Ouvrage postrévolutionnaire contant les mésaventures

Romeo, fuocoso ma non troppo

11 février 2019
De l’oratorio vénitien longtemps oublié d’Alessandro Scarlatti, Romeo Castellucci et René Jacobs livrent à l’Opéra Garnier, pour la première fois depuis 1710, une re-création singulière. On ne sait pas grand-chose de ce « Primo Omicidio », sinon qu’il a dû être représenté en 1707 à l’occasion du carnaval de Venise et repris

Eschatologie du Retour

31 octobre 2018
« Partir c’est mourir à ce qu’on aime » écrivait Edmond Haraucourt, comme si tout départ portait en lui l’annonciation de la mort à venir, sans espoir de retour. Il ne pouvait y avoir plus belle mise en scène d’une telle idée que cet « Orphée et Eurydice » de Gluck, dans

La grotte vitreuse de Barrie Kosky

30 octobre 2018
Le regain d’intérêt des plateaux contemporains et en particulier de la scène opératique pour l’œuvre de Maurice Maeterlinck se réédite en cette nouvelle saison par la double production de « Pelléas et Mélisande », l’une montée en ouverture du Théâtre de Bâle par Barbora Horáková Joly, l’autre créée par Barrie Kosky en octobre

Dido and Aeneas

12 octobre 2018
C’est avec grâce et simplicité que l’Ensemble Diderot offre une adaptation du chef d’œuvre de Purcell, pourtant maintes fois revisité. Le travail de mise en scène se plaît à superposer les références, sans pour autant renoncer à une forme de sobriété particulièrement efficace ici pour infuser la force allégorique de

Le voile de Wagner

7 octobre 2018
Wagner – Sellars – Viola remettent en face le désir et le mensonge. Si l’on veut bien entendre le désir comme cet « au-delà », cette idée fixe qui barre le monde et le tient en capture. « Tristan et Isolde », ça écrase et souvent c’est insondable comme tout ce qui est mystique.

Non fiat lux

26 septembre 2018
Est-ce que l’opéra est en train d’ouater le talent des plus grands metteurs en scène ? Nous savions déjà qu’il volait au théâtre les meilleurs d’entre eux, mais, une fois confortablement installés dans ses filets dorés, les créateurs ont du mal à revenir à l’âpreté des planches et y perdent même

Paradis artificiel

10 février 2018
L’impression de malaise vous laisse comme un arrière-goût amer. Malgré l’effort d’universalisme que tire à gros (très gros) traits l’argument, difficile de comprendre, au fond, de quoi on nous parle. Marguerite va mourir. Mais elle est encore jeune. Mais c’est la fin. Mais elle aime quelqu’un. Mais voilà qu’elle n’a

I/O n°118

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