Article co-écrit avec Mariane de Douhet Attention. Sidération, soulèvement, conversion : « La Tortue de Gauguin » est un spectacle qui rompt avec tout ce qui précède − on parlerait de spectacle divin si cette qualification n’occultait l’une des forces premières de cette performance radicale et sublime, à savoir montrer l’homme en train
La création d’opéra existe encore ! J’en ai eu la preuve au théâtre de Caen en découvrant « Du chœur à l’ouvrage », opéra sans adultes pour enfants rescapés, élaboré par un vrai compositeur vivant (si si, ça existe, n’ayez pas peur !), Benjamin Dupé, et une écrivaine connue pour savoir ce qui trotte
Il s’en est fallu de peu que la première de ces Nomade(s), scène itinérante inventée par La Garance, scène nationale de Cavaillon, ne débute à l’hôpital de Montfavet le jour même où Camille Claudel y fut internée. La désormais géniale Camille, sculptrice immortalisée pour longtemps sous les traits d’Isabelle Adjani
L’atmosphère est caravagesque. Chez Camille Claudel, les équilibres sont instables. Interprétant l’artiste, Camille Trouvé donne corps à cette ligne floue entre l’intensité et la folie. Sur scène, des jeux d’ombres chinoises font trembler sa silhouette, la redoublent, hypertrophient ses mains – ce par quoi s’expulsent les sentiments de l’artiste. Camille Claudel,
Un beau spectacle autour de l’œuvre de Rilke, qui met en avant les errances du jeune poète dans la ville, sa sensibilité aiguë semblant être incompatible avec un environnement trop acide. Environnement très habilement représenté par un travail vidéo et sonore remarquable, qui donne à voir autant l’atmosphère de la
Il est des représentations qui sont comme des rêves de voyage. On quitte la terre qui nous abrite et on s’aventure dans l’inconnu. Cela demande un effort, c’est vrai. Il faut habituer notre regard à la pénombre. Il faut tendre l’oreille et le cœur, et laisser notre désir de rationalité
Les poètes ont passé la seconde moitié du xxe siècle à se demander s’il était encore possible d’écrire après Auschwitz. Charlotte Delbo, elle, écrit Auschwitz dont elle revient. La compagnie Prospero Miranda adapte son œuvre « Qui rapportera ces paroles ? » dans « Je reviens de la vérité » pour trois comédiennes, trois femmes déportées.
Apprendre à vivre. À vivre aujourd’hui et donc à oublier, parce qu’il est « absolument impossible de vivre sans oublier » et que « tout ce qui est vivant ne peut devenir sain, fort et fécond que dans les limites d’un horizon déterminé » (Nietzsche, « Seconde considération intempestive »). Alors, Kate Moran nous raconte son
La poésie de Christophe Tarkos, lancinante, masticatoire et maïeutique, se prête particulièrement bien à sa récitation et sa mise en espace. Le travail de Soumette Ahmed, soutenu par le Centre de création artistique et culturel des Comores, donnait envie d’être découvert avec un mélange de curiosité et de bienveillance. Le
Au Conservatoire du Grand Avignon, Soumette Ahmed fait sonner les mots du poète Tarkos dans un tourbillon joyeux, inventif et généreux. Au commencement, il y a le serrage de main. « Serrons-nous la main, il n’y a pas de mal. » Avec les mots du poète marseillais disparu en 2004, Soumette Ahmed,