Marguerite Bordat et Pierre Meunier : “Qu’est-ce qu’on attend ?”

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On n’attend pas.

C’est pas qu’on l’a décidé, c’est que le mouvement l’emporte sur la station.

Se mettre en chemin, plutôt qu’attendre que ça se mette à bouger.

Demeurer là jusqu’à ce que ça survienne : pas bien capables.

Pas attendre que ça démarre. Les mains dans le cambouis, on répare le moteur, on trouve une pente, on pousse, on se fait tirer. Si ça renâcle toujours, on n’attend pas le dépanneur, on abandonne le véhicule, on continue à pied.

On n’attend pas que ça tombe, on se risque dessous avec un frisson de défi.

On n’attend pas que ça se précise, on nage dans l’incertitude, on cherche un cap dans la brume, on est heureux quand ça prend corps et sens, on accepte aussi que ça s’évanouisse sans demander son reste.

On n’attend pas que ça se termine, on poursuit sans relâche.

On n’attend pas que ça réussisse, on jubile d’enjamber des précipices avec des ponts d’un soir.

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