Anaïs Müller et Bertrand Poncet : “Un jour j’ai rêvé d’être toi”

Par Anaïs Müller

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Pour contrer la solitude et l’ennui, Anaïs et Bertrand jouent à faire du « théââââtre ». Parce que tout est vain et que la vie c’est la vie, nous nous sommes mis à faire pour faire, non par nécessité, non par cupidité, non par orgueil (enfin si peut-être un peu) mais juste parce que finalement il n’y avait que cela à faire. Anaïs a une pelle et Bertrand un marteau-piqueur. Nous creusons des trous ; nous creusons des trous sans savoir pourquoi. Qu’y a-t-il dans un trou ? Deux oignons qui s’épluchent. Deux oiseaux de la nuit qui touchent le fond et qui se demandent c’est quoi vivre alors ? Bert et Ange c’est un duo, qu’on pourrait dire clownesque, on pourrait dire que ce sont deux clowns philosophant sur la vie. Des gens de la lune qui vont décortiquer les mécanismes de fiction pour comprendre comment l’œuvre et l’humain se construisent. Pourquoi rêver toujours d’être un autre quand on peine déjà à savoir qui on est ? Réflexion faite, l’idée nous est apparue que nos choix et nos désirs ne nous appartenaient pas et que donc l’homme, être de fiction et de culture, semblait être, malheureusement ou heureusement pour lui, naturellement et facilement manipulable. Sous forme de traités, qu’on appellera « Les traités de la Perdition », les spectateurs assidus pourront suivre Ange et Bert évoluant dans leurs fantasmes pour mettre en exergue la mort d’un monde qui se décompose de l’intérieur.

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