Tours

Trouer le canevas

14 avril 2026
D’Une chose vraie, co-écrit et mis en scène par Romain Gneouchev, on se souviendra du corps d’Ysanis Padonou, qui se crispe lentement au rythme de sa voix, douloureuse, s’amenuisant jusqu’à devenir quasi inaudible. Voilà l’image indélébile, qui performe la décrépitude physique et verbale causée par la maladie héréditaire d’Huntington, forme

En zone sûre

31 mars 2026
S’il est nourri de la pensée de Donna Haraway sans jamais l’asséner, c’est pourtant à « la résonance », telle que la définit Harmut Rosa, qu’on pense face à ce spectacle jeune public théâtro-philo-po-éthique, signé Mathieu Barché et programmé au WET. De fait, les quatre compères de cette histoire, Pommier,

Fouille linguistique

31 mars 2022
Faire de la scène le lieu d’un mot introuvable, voilà le projet on ne peut plus théâtral de Salim Djaferi. Ce qui perce d’ailleurs sa proposition aux allures de conférence (réjouissante ouverture du sixième Festival WET° à Tours), c’est une performativité, une force présentielle permanente qui densifie chaque mot et

QQCH comme ça

7 novembre 2021
On aurait dit qu’au commencement était le verbe, conjugué ou pas, celui de William, l’auteur, le grammairien, en somme, puisque c’est d’une grammaire qu’il s’agit, et ce n’est pas rien, une grammaire. Sans elle le langage s’effondre, ça ne tient pas du tout debout, ou alors si, ça tient, mais

Au WET°, la jeunesse tient la bêche

29 septembre 2021
La cinquième édition du Festival WET° s’était heurtée à un printemps 2019 peu propice aux éclosions. Reprogrammée quasiment à l’identique par le T°, elle ouvre exceptionnellement l’automne 2021 avec des propositions passionnantes qui, par-delà leurs singularités, révèlent une opposition commune et salvatrice à la tyrannie du présent qui régit le monde et

On ne va nulle part en battant des nageoires

2 mars 2020
L’émergence artistique ne serait-elle qu’une jeune algue engloutie, prisonnière de la logique festivalière souvent infantilisante qui la maintient en surface ? L’ensemble du Théâtre Olympia (JTRC) filerait-il la métaphore en disséquant cette immense sirène immobile, rêvant du grand théâtre des hommes, qui lui sert d’emblème cette année ? Rien n’est moins sûr,

Matières et mémoires

19 février 2020
Thomas Lebrun, dans ce spectacle protéiforme composé de trois solos, signe une création aux échos multiples et foisonnants : ode à l’amour, à la création, mais également au temps qui passe. On verra ainsi le rapport au temps comme fil conducteur de ce spectacle ; celui qui nous relie aux êtres chers

Le beau désœuvrement

12 novembre 2019
Malgré l’expérience postapocalyptique et postdramatique qu’il nous propose, « Nickel » se donne l’allure d’un vieux manuscrit retrouvé. Son « arche narrative » tripartite s’inspire fictivement d’une chronique minière, polluée et fantaisiste, qui reconfigure par son énergie désespérée la topographie d’une vieille usine métallurgique, aujourd’hui désaffectée. Collaborant avec Pauline Haudepin dans l’écriture, Mathilde Delahaye
Perf act day

Perf Act Day : jour audacieux

18 octobre 2019
Au milieu du paysage dansé de la rentrée, il est tâche peu aisée de s’y retrouver parmi les nombreuses silhouettes qui cherchent à ravir les spectateurs affamés, avides de perles chorégraphiques, de gestes brûlants qui blessent autant qu’ils revigorent l’âme fatiguée, de rires et de leurs nuances succulentes. Thomas Lebrun,

Les acteurs de 1725 ont trente ans

26 septembre 2019
Agacé par les arlequinades d’un autre temps, Koltès a dénoncé par l’exemple de Marivaux la modernité supposée éternelle des classiques, sur laquelle Jacques Vincey ne se fait pas plus d’illusions. Dans un prologue qui le met vocalement en scène, l’artiste questionne sincèrement son rapport à la création et à la

Nous voici – séparés

28 mars 2019
« La matière du spectacle est totalement imaginaire et généralement non photographiable » estimait Claude Régy à propos d’un certain théâtre optique. Mais dans le nouveau dispositif oculaire qu’élabore Camille Dagen avec la scénographe Emma Depoid, l’irreprésentable advient précisément parce qu’il est photographiable, la boîte noire du théâtre se confondant, le temps

Une politique du subaquatique

19 mars 2019
À Tours, on ne se baigne jamais quatre fois dans la même piscine. Puisqu’une « nouvelle tentative de saisir, le temps d’un week-end, le théâtre qui s’invente aujourd’hui » est rarement superflue, l’illustrissime Wet°, festival de jeune création contemporaine, est de retour. Toujours portée par les comédien.ne.s de l’ensemble artistique du Théâtre

I/O n°118

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Prochaine émission : 06/07/2026 en direct du Festival d'Avignon

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