Festival international des arts de Bordeaux

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Pendant trois semaines, la métropole bordelaise vibre au rythme de 38 propositions pluridisciplinaires. Le FAB prend la place du festival Novart (créé en 2002), avec une programmation beaucoup plus large et tournée vers l’international. Sa directrice, Sylvie Violan, en partenariat avec la trentaine de lieux accueillant les spectacles, a tenu à l’équilibre entre reprises de grandes productions de la saison (le « Bovary » de Tiago Rodrigues ou encore « La Nuit des taupes », de Philippe Quesne), coproductions et show case local de Nouvelle-Aquitaine (à l’instar des « Grandes Eaux » d’Anna Nozière), pour un total de dix-huit premières françaises ou mondiales.

The Creative Memory of the Syrian Revolution est un gigantesque projet d’archivage qui donne lieu à une petite expo à l’Institut culturel Bernard Magrez. On retrouvera surtout sur Internet (www.creativememory.org) la collection de près de 22 000 documents (vidéos, dessins, photos…), autant de précieux témoignages de Syriens depuis 2011.

Au TNBA, on assiste à la déroutante production estonienne « 99 Words for Void », de Lond Malmborg. Un spectacle à mi-chemin entre jeu de langage formel – dans un but affiché de dénonciation de la vacuité des concepts de nos sociétés libérales – et performance post-théâtrale à partir de l’attentat de « Charlie Hebdo ». Un projet à prendre au troisième degré, mais qui échoue à nous convaincre totalement, manquant au final d’une vraie radicalité. Restent quelques fulgurances, comme cette scène introductive dans le noir où seuls résonnent les cliquetis métalliques et empêtrés des armures médiévales des deux comparses…

« Tout ce que je sais du blé », du Teatro delle Ariette, est un théâtre autobiographique porté par Paola et Stefano, un couple de « paysans-comédiens ». Leur vie quotidienne, c’est la récolte du blé et le pétrissage de la pâte à focaccia, dans un village perdu entre Modène et Bologne. Sur des plateaux atypiques, ici dans la ferme de la Vacherie à Blanquefort, ils invitent à un dialogue simple et beau sur l’amour et le théâtre. Une proposition imparfaite, souvent naïve, mais tellement touchante qu’on pardonne tout à ce duo de joyeux Italiens. Cerise sur le gâteau : à la fin du spectacle, le public est convié à une dégustation des pains préparés pendant la représentation.

Dans les rues de Saint-Médard, la compagnie Volubilis déploie un enchaînement de séquences chorégraphiques d’une durée de 7 minutes, qui forment une pièce narrative déjantée s’appuyant sur l’espace et le mobilier urbains.

Festival international des arts de Bordeaux Métropole, du 1er au 22 octobre 2016

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