(c) Iris Janke

Meg Stuart, dans cette nouvelle création collective, continue son travail d’exploration autour du mouvement organique, où les « désirs surgissent » comme des démons charnels. Un espace qui laisse le doute entre un night-club et une arène, un refuge où les corps s’expriment dans toute leur folie et leur fragilité, jusqu’à ses limites. Cela va jusqu’à l’improvisation, et c’est alors un jeu qui devient dangereux. Parfois aussi, des fulgurances de génie, comme cette mémorable « valse » de deux danseuses qui vont au bout d’une exploration du corps nu l’une vis-a-vis de l’autre. Pourtant, par moments, on entre dans une nouvelle sphère, qui nous sort de la recherche du corps, et qui nous fait demander ce que l’on regarde véritablement. Le public est maladroitement intégré à la performance, à coup de « qui a faim » ou de « qui veut », et on sort de l’extraordinaire, de l’illusion. Cela aurait pu être formidable, mais à quoi bon ? Par peur ? Si c’est là l’intention, elle est réussie, mais nous, au final, on se demande bien ce qu’on a vu, et notre cœur bat de la même danse.

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