La maternité pour les nuls

C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde
Par

(c) Giovanni Cittadini Cesi

(c) Giovanni Cittadini Cesi

Simone, c’est peut-être le prénom de votre grand-mère. C’est aussi le prénom de Simone de Beauvoir, de Simone Veil et de Simone Weil. Les Filles de Simone, ce sont Claire Frétel, Chloé Olivères et Tiphaine Gentilleau, mais aussi vous ou moi, toutes ces femmes nées depuis les années 1960 et qui ont bénéficié des combats des trois grandes Simone. Parmi eux, le droit au (non-)désir de maternité. Qu’est-ce qu’être mère aujourd’hui ? A-t-on encore le droit d’être une mère indigne ? C’est à ce sujet encore grandement tabou que s’attaque avec une joie non feinte le collectif.

On avoue qu’en entrant dans la salle, à la vue du décor rose bonbon, on a eu peur. C’était mal connaître les Simone et leurs filles. Ici, pas de bonheur béat à plier des grenouillères en préparant la valise pour la maternité. Mais des questions. Des tonnes. Des angoisses, aussi. Et des injonctions, beaucoup. Le gynécologue, les parents, les copines, tout le monde y va de son petit commentaire au mieux maladroit, au pire patriarcal. L’arme des Filles, c’est l’humour pour faire passer la pilule d’un spectacle politique.

La pièce se tient en équilibre au bord du monde, dans un vertige existentiel qui ajoute une ligne à la célèbre maxime de Simone de Beauvoir ; on ne naît pas mère, et on n’est pas obligées de le devenir. Le collectif nous rappelle habilement que devenir mère est un choix, pas une obligation, et qu’il n’est par conséquent pas celui de toutes, mais également qu’il n’est pas facile, et que le chemin à parcourir en neuf mois est bien long.

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