Chimique(s) #2 - Soirées non alignées // Performances

Belle alchimie pour « CHIMIQUE(S) »

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Pour les jeunes artistes, la diffusion de leurs propositions se révèlent souvent être un parcours du combattant. Partant de ce constat, Marine Colard et Moïra Dalant ont décidé d’organiser « CHIMIQUE(S) », laboratoire de performances, afin de permettre des explorations et des expérimentations en dehors des cadres institutionnels parfois trop sclérosants et inaccessibles. Partisanes d’une « troisième voie », l’événement prend la forme d’une soirée « non-alignée » avec les sphères publiques et privées, dans des lieux qui se veulent insolites. Promouvant d’abord des soirées en appartement, les organisatrices ont choisi pour cette deuxième édition de CHIMIQUE(S) un lieu qui accueille habituellement davantage des conférences d’entreprises que les travaux d’étudiants de Beaux-Arts.

Les spectateurs-trices sont invité-e-s à errer sur les trois niveaux de ce vaste bâtiment. Si les performances se révèlent un brin inégales, témoignant d’un travail encore juvénile, l’ensemble fait preuve d’une belle énergie et mêle à l’envi le théâtre, la danse et la musique. Dans cette diversité, une ligne se détache malgré tout : la reprise, la variation, la réinterprétation, le déplacement.  Ainsi le collectif La Ville en Feu réinvestit la célèbre pièce Le Sacre du Printemps, à travers uniquement un travail choral de corps et de voix, sans décor ni orchestre, offrant une version originale et décalé du chef-d’œuvre de Stravinsky ; Elsa Michaud et Gabriel Gauthier à l’étage donnent de leur côté Cover qui, comme le titre le mentionne, propose une réinterprétation de spectacles de danse. Au programme ce soir-là, Coproud de César Vayssié : la BMW devient une petite voiture d’enfant, et le duo s’amuse à reprendre le leitmotiv de la génuflexion du skieur chère au vidéaste… Reprises aussi, dans la petite loggia du dernier étage, où l’on subvertit le kistch en cool  : Farf is another nous plonge dans un univers qui oscille entre Eli et Jacno et The Pirouettes, tout cela sous l’œil attendrissant d’Alizée, et remet à sa sauce Barbie Girl. Les visiteurs sont aussi invité-e-s à s’exprimer et à se réapproprier les « chansons de nos légendes », dans l’installation intimiste Karaoké/Room. Reprise enfin avec Le Tir Sacré de et avec Sylvain Ollivier et Marine Colard, qui exhument les effusions de nos célèbres commentateurs sportifs pour les faire dialoguer avec de la danse. Si l’on pourra regretter de réelles surprises et recherches formelles, il y a une indéniable joie et une fraîcheur salutaire chez ces différents artistes, qui s’épanouiront allègrement dans le dancehall. Une belle alchimie.

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