« Le costume étant le plus énergique de tous les symboles, la Révolution fut aussi un débat entre la soie et le drap. »

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Nous voilà dans le bain. Tous les rubans sont coupés, les premiers mots, prononcés et déjà Avignon bruisse des coups de cœur et des déceptions de chacun. Les conversations intra-muros n’ont plus qu’un seul objectif : savoir ce qu’il faut aller voir. Apparaît alors un curieux phénomène qui rend ce mois de juillet en Provence si particulier : nous allons être définis (et donc aimés) à l’aune de ce que l’on défend et peut être encore plus au regard de ce que l’on conspue. Les affinités électives se déterminent par notre appétence à subir ou à accueillir la parole des artistes, les clans se forment, les brèches s’ouvrent et laissent advenir le temps des débats sans fin, sans queue, sans tête mais pleins de l’envie vitale d’en découdre. Et s’il reste une magie, c’est bien cet écosystème endémique où l’unique question n’est pas d’être mais de partager, via les scènes, ses intimes convictions. Là où traverser une rue peut se révéler d’une violence sans nom par le bruit et les atteintes permanentes à la beauté, demeure la possibilité de l’intime et du tutoiement de cet inconnu, lui aussi membre éphémère de la république du théâtre (même s’il a aimé le spectacle de Julien Gosselin).

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