I/O n° 56 [édito] À la douche !

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Après Berlin, Moscou, Abu Dhabi et Tel-Aviv ce mois-ci, voilà que I/O Gazette pose ses valises à Tours, et a toutes les raisons de le faire. D’abord parce que « les hommes peuvent avoir plusieurs sortes de plaisirs », comme nous le dit Proust dans « Sodome et Gomorrhe », et que nous ne saurions lui donner tort, car nous sentons qu’à travers ces pages notre mission consiste autant à suivre et à contredire quand il le faut la création internationale confirmée qu’à défricher et à soutenir les artistes émergents. C’est donc heureux que nous sortons des eaux cosmopolites pour déposer nos regards en terres tourangelles, confirmant ainsi une autre assertion proustienne selon laquelle « le véritable plaisir est celui pour lequel on quitte l’autre ». Mais alors, pourquoi Tours et pas Bourges, Lyon ou Saint-Nazaire, nous direz-vous ? Eh bien parce qu’avec ce festival WET Jacques Vincey et François Chaudier défendent une jeunesse dont le processus créatif répond au même credo que le nôtre, une jeunesse qui comme nous « bannit le tiède » pour revendiquer la « douche écossaise », et que sous cette douche nous avons le sentiment rare de pouvoir laver notre peau à l’eau rugueuse d’une pensée qui avance, nettoyant par là même le sol des théâtres du goudron des logiques managériales et logistiques qui finissent de plus en plus par dicter leur programmation. Un instant rare, donc, où droit est donné à des jeunes artistes de s’exprimer, quitte à verser dans l’excès. Mais rien de grave, puisque ici même les excès ont un nom : Jacques Vincey les appelle « débordements poétiques ».

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