I/O n°60 [édito] : Ce que Montréal met au monde

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Il n’y a que les fêtes sans but véritable qui sont réellement marquantes. Je m’en souviens donc. Un peu comme les révolutions sans tête à abattre ou les manifestations sans revendication, célébrer devient parfois un outil pour renforcer un sentiment d’appartenance à un territoire. Les pancartes vierges d’Anna Halprin sont peut-être la concrétisation la plus sincère de ce qu’une commémoration de la naissance d’une ville peut signifier ; une déambulation où chacun devrait pouvoir écrire ses désirs pour demain. Marcher puis crier en silence. Cette onzième édition du FTA inscrit sa programmation dans une lignée plus ancienne, ancrée dans la terre des ancêtres, fille des temps immémoriaux où l’art déjà permettait d’accéder à des réalités parallèles. En se liant aux esprits des Premières Nations dès l’ouverture, le festival se déploie dans son île millénaire et laisse les fantasmes et obsessions des artistes canadiens et internationaux affleurer et croître à un rythme bien particulier. Sans imposer le spectaculaire et assumant un élitisme joyeux et humain, Martin Faucher accueille les bras ouverts un public curieux, prêt à vivre l’expérience, de la transe à l’ennui. Nous sommes heureux, pour cette première édition de I/O transatlantique, d’inscrire nos mots dans vos pas.

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