De la nécessaire beauté des zones humides

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Dans son très beau discours d’introduction, Martin Faucher, directeur du festival, scelle fermement le sort du FTA à la terre qui l’accueille. En réaffirmant comme à son habitude que nous partageons ce territoire avec les premières nations, il élargit les fondations et évoque avec gravité le désastre écologique qui mine les racines. Pour contrer toute fatalité, et dans un éclair lumineux, il propose alors, pour les deux semaines du festival, de déclarer les espaces de représentation ruches et milieux humides :« Que tous ces lieux qui se consacrent à l’art, à l’élévation de l’âme et de l’esprit, à l’avancement de la société québécoise soient farouchement protégés et favorisent l’abondance de larmes, larmes de joie et larmes de tristesse, la sueur, la morve, le sperme, les sécrétions et déjections de toutes sortes, afin que jaillisse, belle, forte, la vie sous ses formes les plus surprenantes et les plus inattendues. » Pour la troisième année, nous sommes fiers d’être associés à ce temps fort des arts performatifs d’Amérique du Nord, fiers de délocaliser notre rédaction et de dédier un numéro spécial à ceux qui se disent révolutionnaires dans un monde en révolution. Nous faisons nôtre cet appel à l’humide et tenterons par nos mots, nos tentatives d’analyse, nos enthousiasmes et nos incompréhensions de participer activement à augmenter la quantité de fluides de cette 13e édition.Les artistes d’ici et de plus loin auront quant à eux la mission d’étancher notre soif.

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