Froid

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Avec « Froid », le collectif La Fièvre propose une mise en scène trop lumineuse de cette pièce de Lars Norén − à l’image de la lumière du plateau dont l’éclat ne laisse guère de place à l’obscurité sans fond de la violence nationaliste. Quant au jeu d’acteur, il se fait lui aussi trop éclatant et affecté, trop démonstratif et éruptif, trop rapide aussi, évinçant ces interstices de silence qui sont comme des trouées dans le langage. Ainsi, l’angoisse ou la réflexion qu’un tel objet devrait charrier ne parvient guère à poindre. Et un signe ne trompe pas : le rire qui saisit trop souvent le public. Il rit parce que finalement ces nationalistes sont drôles, ils pourraient être de bons amis, dont les blagues racistes sont celles que l’on entend partout. Manque donc un parti pris clair et cohérent de mise en scène − comme interroger ce rire − qui eût conféré à la pièce une ampleur réflexive à la hauteur de son objet.

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