Hyperlaxe

Ils entrent sur scène à pas comptés, reflet vacillant l’un de l’autre. L’un avance un bras avec une infinie précaution, l’autre fait de même. Difficile de savoir qui reflète qui dans ce jeu de miroir tant les liens qui unissent ce duo semblent intenses. Nicolas Arnould est circassien, Axel Stainier est un artiste atteint de trisomie. Ils se sont rencontrés lors de « Complicités  », spectacle créé par l’Espace Catastrophe de Bruxelles – dont certains des artistes étaient porteurs d’un handicap mental. « Hyperlax e » marque la suite de leur compagnonnage. Laboratoire fragile et délicat du mouvement, ode à l’attention à l’autre et à l’écoute, le tandem fait corps et semble en fusion. Les jeux des deux comparses – tantôt frères, tantôt ennemis, tantôt amants – sont entrecoupés de voix enregistrées où Nicolas interroge Axel. Le spectacle atteint ainsi des fulgurances de poésie, comme lorsque Nicolas demande à Axel de confier son plus grand rêve, « mourir », répond l’autre avec douceur. On regrettera cependant que la mise en scène de Sophie Leso s’appuie sur un répertoire musical un brin trop appuyé (« Quand on a que l’amour  » de Brel, « Mon camarade  » de Ferré).  L’immense complicité qui se joue au plateau se suffit à elle-même.

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