Le Moche

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Pour sa première à Avignon, la jeune compagnie 15 000 cm2de peau choisit un texte du fameux dramaturge de Thomas Ostermeier. Avec « Le Moche », Marius von Mayenburg épingle les diktats esthétiques imposés par les structures sociales, s’engouffrant comme beaucoup de ses contemporains dans la « pièce d’entreprise » qui articule, comme dans « Under the Ice », de Falk Richter, la chambre intime et la tribune professionnelle, la parole tremblante et le masque conférentiel. Par la neutralité d’un visage-écran qui deviendra le réceptacle de tous les fantasmes et de tous les dédoublements, Hubert Girard est un protagoniste tout à fait convaincant, entouré par trois camarades dont la très juste présence est parfois plus sage. La mise en scène de Camille Jouannest, pauvre matériellement mais riche d’images joliment pessimistes et grotesques, nous fait oublier la composition didactique de la pièce, charcutant les momies vivantes et plastifiant une certaine soif de sublime.

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