Attention à la petite bête qui pourrait manger la grosse : en 1974, Saul Bass, designer graphique, auteur des génériques d’Hitchock et de Preminger, réalise « Phase IV », parabole SF éco-ésotérique, low-tech et fourmi-friendly, sur des insectes bien décidés à en finir avec l’humanité. Pas d’effets spéciaux, des plans macroscopiques et un certain sens géométrique de la composition des plans : si on fait abstraction de son parfum suranné (celui de tout film de SF évoquant un futur déjà révolu),  « Phase IV » finit par se laisser regarder, moins pour son thème animalo-apocalyptique que pour l’originalité de certains plans, filmés à hauteur d’insecte. La sécheresse du désert de l’Arizona, l’intensité préoccupée des chercheurs-sauveurs, tentant de communiquer par ondes électromagnétiques avec les fourmis, l’entêtante musique électro-synthétique, les gros plans sur fourmis et le liquide gluant verdâtre qui fait splash partout finissent par donner au film un charme anachronique, entre “Microcosmos” et “2001”.

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