Le Vivier des noms

Mais qu’allais-je donc faire dans ce Valère ?

Par

Vivier des noms

© Aglaé Bory

La cause est entendue : je serai brûlé en place des Carmes. La doxa et son Inquisition me mettront à la question.

Mais avant que je me renie et passe à l’ennemi (courageux, mais pas téméraire !), sachez que j’ai vu lundi soir ce qui m’exaspère le plus : le théâtre avec trois accents circonflexes et quatre « h » mal inspirés, l’entre-soi connivent, la bien-pensance complice.

Et qu’on ne me dise surtout pas que je ferme mes écoutilles, que je mets des œillères et que je réfute ce qui me serait proposé : la langue comme jouissance, le récit s’éployant et tout le saint-frusquin !

Qui qui dirait non d’abord ? ! Pas moi, en tout cas ! Mais qu’on n’essaie pas de me faire passer de la came de contrebande, du Diafoirus dans le texte, du Rabelais au rabais, du rebut de Père Ubu !

Pour parodier l’auteur, c’est Novarina-pas de sens, Novarina-rien à dire, Novarina-nanère !

Non, tout ça n’est que logorrhée, logomachie, glossolalie et incontinence à tous les étages !

Oui, Valère, je suis vénère !

Vénère qu’on me prenne pour un imbécile, et qu’on me prenne en otage !

Alors autant vous affranchir tout de suite : ça piquait sec du nez vers 23 heures et des brouettes, cacahuète !

Bon, assez parlé de la pièce, parlons du spectacle !

La représentation a eu lieu au cloître des Carmes.

Situé place des Carmes, et dépendant de l’église conventuelle des Carmes, cet édifice est un des nombreux témoins des couvents édifiés à Avignon au cours du xiiie siècle.

Il a été particulièrement rénové et embelli au cours des pontificats de Jean XXII et Clément VI. Longtemps occupé par des maisons d’habitation, il a été entièrement dégagé et restauré dans la première partie du xxe siècle, et il est devenu depuis 1967 le premier lieu de décentralisation du Festival d’Avignon.

Dans la seconde partie du xiiie siècle, deux ordres mendiants vinrent s’installer à Avignon. Les premiers furent les Augustins, qui, dès 1261, construisirent leur couvent à la sortie du portail Matheron. Les Carmes suivirent. En 1267, ils se virent concéder un vaste emplacement en dehors du portail des Infirmières, tout près des « Vieilles Infirmeries » où étaient reclus les lépreux.

Sous la papauté d’Avignon, grâce à la magnificence de Jean XXII, le couvent et son cloître furent agrandis et embellis ; ces travaux furent parachevés sous le pontificat de Clément VI. Chaque ordre mendiant voulut avoir la plus grande église conventuelle de la cité. Si celles des Dominicains et des Franciscains, considérées comme les plus vastes, ont aujourd’hui disparu, l’église des Carmes possède la plus grande nef et le seul cloître intact.

Celui-ci doit paradoxalement sa survivance aux nombreuses habitations qui y furent construites au cours des siècles. Dégagé et restauré, il a retrouvé son lustre d’antan ainsi que sa salle capitulaire voûtée d’ogives, de liernes et de tiercerons. L’ensemble est dominé par un clocher formé d’une tour carrée surmontée d’un tambour octogonal et d’une flèche. L’ancien accès au couvent, daté du xve siècle, est toujours visible au numéro 29 de la rue Carreterie…

Ce « vivier » vous convient-il, monsieur Novarina ?

« Laissez entrer l’acteur et ne vous attendez à rien », avez-vous écrit…

On ne saurait mieux dire !

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