Violente farce

À petites pierres
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À dix-sept ans, on s’émoustille, on séduit, on se laisse séduire et parfois on va un peu plus loin, on devient grand, on le fait. Souvenirs naïfs et tendres. Mais goûter aux plaisirs de la chair dans un petit village du Togo, quand on est une jeune fille bien élevée, qui plus est destinée à un autre homme, cela mérite tout simplement la lapidation. Ni plus ni moins. Qui voudra d’une fille « périmée » ? L’amant, quant à lui, écopera d’une amende pour réparer l’honneur de la communauté. Gustave Akakpo, pédagogue et optimiste, traite de cette violence traditionnelle et archaïque dans un vaudeville bouffon et cocasse.

Après vingt minutes d’installation maladroite de l’intrigue, les comédiens de la compagnie Ks et Co se laissent gagner par le rythme de cette farce progressiste et définitivement nécessaire. Le texte, parfois d’une violence inouïe (« Une fille, c’est un trou avec quelque chose autour », « [Il] a pissé dans sa viande »), propulse les personnages dans des situations plus absurdes et grotesques les unes que les autres. On assiste à un mélange des genres réjouissant : voilà un jeune homme travesti en robe moulante et talons rouges, et voici une jeune femme grimée en chef religieux barbu. Le baiser les réunissant est un vrai bonheur. Dommage cependant que la justesse du jeu ne soit pas toujours au rendez-vous. Ici on se moque de tout et de tout le monde, cette pièce est un gigantesque blasphème. Akakpo, Molière des temps modernes ?

Finalement, après moult péripéties burlesques, la jeunesse réussit à retourner les esprits des vieux « sages », leur démontrant de façon didactique leur hypocrisie et leur bêtise. Tout est bien qui finit bien. Les mariages auront bien lieu, et hop, on boit tous un coup ! Clap de fin moral et utopique déroutant.

 

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