Des cadavres qui respirent

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Pauvres comédiens de la promotion 2019 de l’AtelierCité qui souffrent, dans ce spectacle qui vient clôturer leur année de formation, d’un double obstacle : ils héritent d’un texte puissamment fade de Laura Wade, traitant de vivants entravés par leurs soucis divers, chacun croisant la route d’un cadavre, sans qu’on saisisse bien les conséquences sur eux de cette rencontre, sans qu’on rie une seule seconde à ce supposé humour noir, s’efforçant plutôt de s’agripper à leur jeu pour animer cette matière textuelle sans relief, si pauvre en images fortes, glissante comme de l’eau sur la matière waterproof qu’on devient au fur et à mesure du spectacle. Le texte parvient à donner ce sentiment qu’il ne parle de rien – alors même (parce qu’ ?) il veut parler de tout, de la vie, de ses souffrances, de l’inertie, de la violence… les comédiens disent le texte de façon trop appuyée pour que celle-ci soit naturelle, mais pas assez pour qu’on y décèle un véritable choix de mise en scène, conférant à celle-ci un aspect pour le moins bancal : à part ce surprenant (et maladroit) choix de diction (car il en rajoute une couche à la monotonie du texte), la mise en scène est peu affirmée, préférant ne pas recouvrir mais laisser « être » au maximum les jeunes comédiens pour ce final en forme de baptême -délicate attention, mais mauvais résultat. Les sept comédiens fraîchement cueillis de la promotion mettent toute leur présence à l’oeuvre pour tenter de sauver cet étrange objet surnuméraire.

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