Theatre Olympics, le standard idéal

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Festival olympics

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Le festival Theatre Olympics est exceptionnel à plus d’un titre. Ici a lieu le G20 du théâtre mondial ! Après notamment Delphes, Shizuoka, Moscou, Séoul et Pékin, la grande célébration du théâtre a pris corps en Pologne à l’automne.

La capitale de la Basse-Silésie devient ainsi la capitale internationale du théâtre en plus d’être la capitale européenne de la culture : « Wroclaw 2016 ». Le programme de la 7e édition, organisé cette année par le mythique Institut Grotowski et son directeur, le metteur en scène Jaroslaw Fret (voir notre critique de son fabuleux « Médée »), est un condensé de pièces créées par des metteurs en scène qui ont changé le visage du théâtre aux xxe et xxie siècles, comme Eugenio Barba, Peter Brook, Romeo Castellucci, Pippo Delbono, Jan Fabre, Valery Fokin, Heiner Goebbels, Liu Libin, Krystian Lupa, Eimuntas Nekrošius, Tadashi Suzuki, Theodoros Terzopoulos et Robert Wilson. Le fondateur du festival, Theodoros Terzopoulos, a souhaité que cette nouvelle édition favorise la liberté d’expression, défende l’importance de la tradition et soutienne la recherche et l’expérimentation sur scène : « Il y a beaucoup de festivals de théâtre dans le monde, mais ils ont tous une forme similaire. Tout simplement, avec ce qui se passe dans le monde contemporain, la diversité et la richesse culturelle disparaissent. Les Jeux olympiques du théâtre ne sont pas seulement des festivals, mais surtout de grands spectacles, de grands maîtres du théâtre du xxe siècle, ainsi que des aspects les plus individualisés et culturellement diversifiés. »

Sensations très particulières de côtoyer tous ces maîtres, mémoires vivantes des plateaux du monde, qui proposent en plus d’une de leurs masterpieces des temps de rencontres pendant lesquels l’histoire et les utopies défendues semblent s’écrire à nouveau. Malgré une programmation au sommet, ce festival, qui comme son nom l’indique revient tous les deux ou quatre ans dans une ville différente, n’est pas très connu internationalement. La communication n’est pas en effet la priorité ; chercher à l’atteindre, accepter le chemin non fléché fait partie de la démarche du festivalier, qui, une fois dans les salles, devient un spectateur aguerri, prêt à recevoir, ouvert aux esthétiques et théories dramaturgiques qui ont marqué le temps d’avant. C’est un événement socle, nécessaire pour les nouvelles générations, car il permet une plongée dense et efficace dans toutes ces propositions et tentatives qui ont fait date, qui sont devenues des références – en positif ou en négatif – pour les nouvelles scènes.

Petit nouveau dans le Comité international des Jeux olympiques du théâtre, Jan Fabre devrait accueillir à Bruxelles la prochaine édition. Il n’y aura alors plus aucune raison de ne pas répondre présent à l’événement et de ne pas participer en masse à ces Jeux.

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