Loin des idées reçues, les résultats de l'étude sur le public du Festival rassurent : la relève des générations et la mixité sociale sont à l'oeuvre.

Adrian Mohr, Fondateur de l'Oeil du Public

Adrian Mohr, Fondateur de l’Oeil du Public © D.R.

La nouvelle direction du Festival d’Avignon a lancé une grande enquête sur son public. Cette étude menée sur 2 940 personnes en 2014 par Adrian Mohr (agence L’Oeil du Public) en collaboration avec l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, donne des résultats loin des idées reçues.

Le Festival d’Avignon rassemble un public jeune (32% de moins de 35 ans) attiré par la diversité des spectacles et l’abonnement jeune 4/40 (4 spectacles pour 40 euros). Cette mixité générationnelle se double d’une certaine ouverture sociale, surtout parmi le public local très mobilisé (33%). La politique d’ouverture et d’accessibilité de la nouvelle direction trouve un écho favorable sur le territoire, y compris « hors-les-murs ». On observe à la fois un renouvellement actif des générations (24% de « première fois ») et une grande fidélité (moyenne de 10 venues au Festival) grâce à la haute image de cette « fête de l’Art théâtral dans des lieux exceptionnels», « un lieu de joie et de pensée, des lucioles dans nos vies ».

Près de 30% des spectateurs profitent pleinement de ce grand évènement annuel en assistant à plus de 7 spectacles. L’intérêt pour les débats aux Ateliers de la Pensée est aussi partagé par 53% des visiteurs à la recherche de clés de lecture et des débats sur la société et la culture. Le Festival pose un « regard poétique et politique de l’artiste sur le monde » pour mieux en « saisir sa complexité », confie ce festivalier.

Les festivaliers apprécient l’audace de la programmation « laboratoire de la scène contemporaine », la découverte de nouveaux artistes et des metteurs en scènes confirmés qui peuvent « déconcerter, passionner, mais en aucun cas laisser indifférents ». Le Festival d’Avignon est convivial « joyeux, créatif, engagé, cosmopolite» favorisant un échange et une « ouverture sur le monde et la société ».

Les enquêtés aimeraient que ce Festival soit encore plus ouvert grâce à des facilités de tarifs et une communication plus directe. L’image d’un évènement « toujours complet » est tenace alors que de nombreuses places restent encore disponibles en juillet. Près du quart des festivaliers – surtout les jeunes – prennent des places en juillet au gré des critiques médias, du bouche-à-oreille et des échanges avec d’autres passionnés des Arts de la scène. Le récent développement des outils numériques et la communication sont bien appréciés (75% avis favorable).

Son directeur Olivier Py, très attaché à rendre le Festival plus accessible, parle avec enthousiasme de l’enquête comme d’un « formidable retour sur notre travail, un outil d’ajustement et un temps donné à la parole des publics. C’est nous qui sommes en position d’écoute, nous qui découvrons le Festival à travers leurs mots bienveillants, admiratifs, critiques, déçus, encourageants, constructifs… ».