I/O n°53 [édito] : Objets aimés

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« Tout objet aimé est le centre d’un paradis », écrivait Novalis. Avec ce 17e festival MARTO !, du 10 au 26 mars dans les Hauts-de-Seine, les objets prennent corps, et leurs paradis sont tout sauf artificiels. Car ce sont autant des chasses au trésor scéniques pour les plus jeunes que des refuges pour nos âmes d’adultes fatigués. Et sans doute, avant tout, une jolie tentative de réenchantement du monde : le mariage entre l’homme et la chose n’est pas tenu d’être une hybridation triste. Qu’ils soient musicaux avec Benjamin Dupé ou marionnettiques avec Bérangère Vantusso, les spectacles de MARTO ! aident à construire un regard différent sur son rapport à l’autre, à l’étrangeté. Ils participent d’une collusion joyeuse entre plusieurs dimensions du réel. Ils créent les conditions de l’émerveillement. Si le théâtre d’objets propose une réconciliation avec la matière, il tend également un pont vers l’enfance. Et Nietzsche ici aussi avait tout compris : « La vraie maturité, c’est de retrouver ce sérieux avec lequel on jouait quand on était enfant. »

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