La Nuit

La Nuit
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D’abord il y a la voix. La voix camarade, elle te chope, elle t’embarque, le gars sur scène est plongé dans le noir mais c’est comme s’il était penché à ton oreille, à l’intérieur de toi, et alors tu bascules camarade, tu entres dans un autre espace et dans un autre temps. Puis le corps, le visage de Frédéric de Goldfiem. Et le texte bien sûr. Koltès. Mais il s’effacerait presque ce texte derrière l’enveloppante beauté de son interprétation ; on ne peut pas tellement parler de le « dire », le texte, plutôt de le vivre tu sais, de le voir devenu chair et sang et lumière dans le regard, camarade. Même dans le noir on peut la sentir vivre cette lumière, et nous chauffer de l’intérieur. À l’oreille on peut la voir. Dans les ondées chaudes de la voix du comédien. La voix, camarade. Elle te chope, elle t’embarque. Hors du temps.

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