Autopsie - Monologue pour une jeune comédienne sans travail

Autopsie – Monologue pour une jeune comédienne sans travail

Par

© Elise Tamisier

Soit une actrice désargentée qui, prête à mourir d’ennui, invente son autopsie théâtrale ; entendre par théâtre les grands textes — ici « Hedda Gabler »… Qui gamberge entre Audrey Hepburn et effroi hitchockien à la recherche de la bonne interprétation ; entendre la palette formolée des émotions (« satisfaite », « troublée », « choquée »). Une énième mise en abîme (au titre vaguement rafraîchi) qui n’est autre qu’un CV d’actrice : Irina Solano chante, parle plusieurs langues, elle danse, s’exhibe, racole. Directeurs de casting, metteurs en scène : qu’attendez-vous ? C’est le cadeau de Coppini : elle est douée pour tout… Faites-la donc briller ! Peut-être aurait-il fallu qu’elle soit un peu moins formidable, la diva, et qu’elle tente de mal jouer pour de vrai afin de plonger dans le mauvais goût (elle, et non la mise en scène qui s’efforce  d’être kitsch) ; bref, qu’elle prenne un peu plus de risques — car c’est là que le spectateur aurait deviné le beau labeur du métier de comédien, celui que Solano et Coppini ressassent malheureusement plus qu’ils ne l’exercent : l’art du présent.

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