Joie

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« Parler de ses peines, c’est déjà se consoler », disait Albert Camus. Pourtant, la parole est non seulement réparatrice, mais aussi pourvoyeuse d’une tristesse insondable. Parce que, parfois, elle est vaincue par le silence. Parce que, souvent, elle ne réussit pas à combler la distance qui sépare de la douleur des autres. Et si la douleur du deuil est une plaie qui s’infecte plus vite qu’une écorchure dans la jungle vietnamienne en 1975, l’héroïne de « Joie » y voit aussi un moment de mise au point sur elle-même. Sur ses liens avec les vivants, avec ce cousin Paul qu’elle aimerait tenir tout contre elle. Le texte de « Joie » n’est pas toujours à la hauteur de l’élégance de la mise en scène et surtout de l’exceptionnel talent de comédienne d’Anna Bouguereau. Mais ne boudons pas notre plaisir d’être vivants et joyeux avec elle, malgré les violons de Schubert et les fleurs bientôt fanées : mourir, c’est vraiment un manque de savoir-vivre.

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