Lamia Ziadé nous propose de parcourir dans son spectacle musical un siècle d’histoire au Proche Orient en évoquant les monstres sacrés que sont Asmahan, Farid El Atrache ou Oum Kalsoum mais aussi l’immense espoir engendré par Nasser. Retenu, pudique, tout en justesse, Bachar Mar-Khalifé, qui porte cela en musique, trouve là un espace à sa mesure : on est loin des excès baroques auxquels il a pu succomber mais bien dans une affirmation retenue et tout en justesse d’une identité qui n’échappe pas au romantisme inhérent à ces époques mais si délicieuse à partager le temps d’un concert. La porte est ouverte sur ces immenses richesses trop méconnues de notre Occident paresseux de l’oreille, il faut se pousser et se laisser entraîner comme on a pu se laisser prendre par l’univers du « Chat du rabbin » : avec curiosité, ampleur et affection. L’ensemble, raconté par Tatiana Spikova, est un petit bijou à partager et faire connaître. Et l’engagement de la Ferme du Buisson, producteur et hôte, attentif tout autant que innovant, de ce moment d’exception, est suffisamment rare pour mériter un salut plein et reconnaissant. À déguster comme un très grand cru.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

D'autres articles par