Monsieur X est un homme fantasque, peintre à ses heures perdues, dont l’univers sans paroles nous entraîne dans un moment plein de délicatesse. Monsieur X est Pierre Richard, Pierre Richard est Monsieur X, et sous ses mimiques affleurent tous les célèbres personnages incarnés par le comédien au cinéma, dont le fameux “Distrait” dont le personnage en scène semble l’émanation. Alors, que fait ce Monsieur X ? Il peint chez lui, petite mansarde où l’on aperçoit par les fenêtre des images de Paris, communique avec ses objets qui lui servent tour à tour d’adjuvants ou lui mettent des bâtons dans les roues. Par la mise en scène intelligente de Mathilda May, les objets du quotidien sont détournés et imprégnés d’une poésie inattendue : on retiendra par exemple le merveilleux arbre à brosse à dents, où chaque matin Monsieur X plante une nouvelle brosse, ou encore le tiroir à lettres d’amour où les lettres continuent – littéralement – de pleurer, si bien qu’il faut placer une bassine en dessous pour contenir toutes les larmes qui s’égouttent… La musique et les bruitages d’Ibrahim Maalouf jouent dès lors un rôle fondamental dans la constitution de cet univers unique, fait à la fois de visions touchant parfois au cartoon, mais également de sons qui nous emmènent ailleurs, eux aussi dans la transformation du quotidien. Alors, le son de la bouilloire se fait chant, et transforme toute la chambre en un paysage état d’âme, celui d’un petit monsieur dont la poésie réchauffe les cœurs. 

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