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Le cabillaud-chorizo est avalé. Le champagne, servi par des chemisettes blanches et des chaussures de tango, coule encore à petits flots. Taylor Swift se fait entendre. Le rideau rouge à paillettes dorées se met à frétiller. Le cabaret « Oh César », Cesar Palace version Montparnasse, retient son souffle. Celle qui met des étoiles, « du charme et de la surprise » dans les yeux des grands gamins (le vendredi soir sur TF1) va faire son entrée. Deux écrans plasma la présentent comme l’héritière de Simone Weil et de Catwoman. Loin de ces « partners » blondes torturées et découpées par le phallus magique (« Je la choisis blonde pour qu’elle puisse mieux ressortir sur le fond sombre de mes décors » déclare l’illusionniste Dani Lary dans son autobiographie), Caroline Marx est une « Girl Power. » Elle sait résoudre un Rubik’s Cube truqué en moins de dix secondes. Aya Nakamura se fait entendre. Un spectateur chauve monte sur scène et se transforme en « star de la magie dans le Poitou Charentes des années 80. » Un homme dessine une paire de fesses au lieu du visage de sa femme. Il retrouve la bague de son épouse dans un verre de tequila. Une ampoule spirite révèle le patronyme spectral d’un petit chat mort (« Gribouille. ») « Dance Monkey » se fait entendre. Tout cela sous l’égide d’une « Girl Power », truculente et révolutionnaire, dont les punchlines nous hanteront bien longtemps. Un exemple quand même,  tout le reste ne sera que mystère : Caroline demande à un homme de froisser un papier et lui lance « Oh ! Bravo ! Les hommes sont les rois des boulettes. »

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