Le théâtre est mort, vive le théâtre

Timeline
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Une comédienne entre en scène. Le public avignonnais est prêt, il s’est même pressé en masse à un horaire pourtant pas facile. Seulement voilà : la comédienne n’y arrive plus. L’auteur et le metteur en scène débarquent et découvrent, horrifiés, qu’ils n’y arrivent plus non plus. Mort du texte, mort des personnages, mort de l’émotion, le théâtre se délite sous nos yeux. Que faire, à l’heure de la réalité virtuelle, quand le théâtre se meurt ?

La compagnie F.O.U.I.C, elle, décide de se battre, d’enterrer le théâtre tel qu’on l’a connu et de proposer autre chose. Enfin une utilisation intelligente de la vidéo dans un spectacle. Le duo de la vidéo est un chœur antique postmoderne habillé comme dans un dessin animé japonais et qui finira par sortir de son rôle et par s’adresser directement aux acteurs. Puisque le théâtre est mort, tout est permis, y compris jouer avec la ligne du temps : comme sur une télévision, le spectateur choisit de mettre le spectacle sur pause, de revenir en arrière ou d’appuyer sur avance rapide.

« Timeline », en une heure trente, déconstruit le théâtre tout en se moquant habilement d’une certaine tendance du théâtre contemporain tout en en reprenant les codes : texte sur la vacuité du texte et scénographie ultracontemporaine. Ultracontemporaine, certes, mais très habilement conçue : le plateau se découpe, servant tour à tour d’écran de projection et d’abri pour les comédiens tandis qu’au premier plan on enterre le spectateur. Tout reste donc à réinventer.

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