Festen

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Le film avait marqué par la violence de la narration et la froideur de son traitement. Pour mettre en scène cette histoire familiale faite d’inceste, de réussite sociale, de déni et d’omerta bourgeoise,  Cyril Teste comme à son habitude utilise le principe de la narration démultipliée. Le plateau est clean – intérieur d’une maison bourgeoise aux lignes pures et table mise pour le dîner – l’écran s’approprie les détails avec ses prises de vue en direct : l’arrière scène, les conversations et rencontres volées, les visages et leur tensions.

Le découpage cinématographique joue là son rôle de titilleur. La multiplication des points de vue en mêlant gros plans et actions en hors champ au plan large du plateau brouille les pistes du regard et des sens. Les révélations sont là directes et abruptes dans cet ensemble ou se mêlent le clair et l’obscur. La vie et la mort, la vérité et le mensonge règnent autour de la table. La vie et la mort, la vérité et le mensonge règnent autour de la table. Le déroulement en chapitres déploie l’histoire dans le temps d’une soirée et chaque scène apporte son lot de violence et de silence.

La question qui semble nous être posée pourrait être : que sommes nous capables de voir ou d’entendre au delà des conventions sociales d’une situation familiale banale que constitue un dîner d’anniversaire… Dans cet univers brutal et une mise en scène qui ne permet aucun écart les acteurs se révèlent fantastiques. Ce dispositif narratif pose également la question d’un rivalité possible entre l’image vue sur écran et le spectacle sur le plateau. Et il est intéressant de constater que parfois on se prend à suivre l’image filmée en oubliant le plateau… : se plonger dans le réel du texte et la vérité des acteurs qui le porte serait-il si violent ?

 

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