L’âme russe

Les bas-fonds
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Aurait-on pu trouver pièce plus en rapport avec la réalité de notre époque que ces “Bas-Fonds” écrits en 1902 ? Avec cette nouvelle création, Eric Lacascade renoue avec ses envies de grande fresque portée par une véritable troupe de quatorze comédiens. Il réussit magistralement la mise en scène d’une pièce réputée peu commode de Gorki. Dans cette version adaptée d’une traduction d’André Markowicz, Lacascade a su trouver les mises en abyme et en faire des vrais moments de vie. Il a su donner un rythme haletant, trouver des comédiens qui, pour être survoltés, ne sont pas hystériques. Ils laissent poindre à chaque scène la sincérité.

Ce croisement de générations permet à Lacascade de donner une fougue, un rythme à son spectacle qui se transforme vite en un récit à suspens, captivant et qui ne laissera pas le public indemne. Il crée ainsi les conditions d’une empathie avec l’auditoire qui réagit dans une « contagion gravitaire » les faisant soupirer ou sursauter. Si la forme fait la force de ce spectacle, le fond donne lieu à des grandes répliques faites d’envolées lyriques comme on les aime au théâtre. Celles-ci collent parfaitement à l’actualité bien qu’écrites il y a plus de cent ans ! Quant on dit que l’histoire est un perpétuel recommencement, on exagère à peine.

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