Le plateau est dégagé, presque nu : un banc et un passage piéton, projeté au sol, composent les seuls éléments scéniques de “Trance”. Sur le mur, parfois, des projections évaporées ponctuent les chapitres de ce récit dansé où surgissent des éclairs de possibles et de fantasmes, d’espoirs et nostalgie. Un ensemble aux allures parfois surnaturels où s’incarnent des instants de vie et d’amour attendus, espérés ou vécus. Ce qui habite le spectacle ? L’énergie, l’engagement, l’incroyable force bienveillante que dégage Nono Battesti (déjà prix du public danse OFF en 2016 pour “Double”), la relation sensible – où s’expriment tant par les gestes que par les regards l’amour, le désir, l’abattement, la mélancolie – entre le danseur chorégraphe et sa partenaire Juliette Colmant, et la superbe construction de l’environnement musical menée par la voix (deep)soul envoûtante et pénétrante de Dyna B. et Quentin Halloy à la guitare live. Car l’ambiance musicale, les chants, ne sont pas qu’un élément technique ou un accompagnement au service des mouvements, elle fait partie prenante du récit, elle fait corps avec les corps. “Trance”, bien que trop illustratif et narratif, à l’image des symboles un peu appuyés (passage piétons, banc, images projetées) et un peu tardif à finir, reste un long moment de cohérence scénique et de communion avec le public, où la suggestion et l’évocation auraient suffi à nous séduire sans embrasser cette tendance un peu rébarbative du récit dansé.

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