Danser avec Nusrat

Ode à Nusrat

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La musique qui court tout au long des trente minutes que dure la pièce est l’un des plus célèbres morceaux de Nusrat Fateh Ali Khan. La création de la pièce en 2017 va de pair avec les vingt ans qui célèbrent la mort du musicien pakistanais, maître de qawwali internationalement reconnu. Massive Attack, Jeff Buckley et Alanis Morissette sont parvenus à chanter avec lui, c’est maintenant aux jeunes danseurs istréens de danser à ses côtés. La musique pieuse de Nusrat est lancinante, puis envoûtante, entraînante. De manière fine, la chorégraphie de Thomas Lebrun accompagne cette ode à l’amour divin. Il convoque la gestuelle de la dévotion avec des mouvements qui disent l’imploration, la reconnaissance, la célébration. Corps recourbés, poitrine levée vers le ciel, main qui accompagne la tête baissée puis qui se dresse… La part importante donnée aux mouvements des mains rappelle la prière mais également la gestuelle du chanteur pakistanais qui l’accompagnait lors de ses concerts. Cette danse communicative est à l’image du chant de Nusrat, à la fois joyeuse et envoûtante. Les costumes sobres noir et blanc, jupes plissées pour les hommes, pantalons amples pour les femmes, vestes qu’ils font tournoyer au-dessus de leurs têtes, accompagnent parfaitement la démarche, tout comme l’élan coloré à la fin de la pièce. Au moment de sa création, à KLAP en 2017, l’interprétation des danseurs est parfois inégale, la spiritualité dont sont gorgées les clameurs du chant de Nusrat ne transparaissant pas toujours. Certaines danseuses en revanche sortent du lot, leurs corps sont habités par la fluidité et l’automatisme nécessaires pour transmettre toute la sérénité de cette danse, elles ne nous quittent pas. On ne doute pas qu’à Tours, en revenant de leur tournée nationale, tous danseront en communion avec Nusrat.

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