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« Ecouter parler une femme dans une assemblée (si elle n’a pas douloureusement perdu le souffle) : elle ne « parle » pas, elle lance dans l’air son corps tremblant, elle se lâche, elle vole… Elle s’expose. » estimait Hélène Cixous dans « Le rire de la méduse. » L’injonction contemporaine à libérer la parole ne passe pas chez Julia Perrazini par une médiatisation absolue et discursive de l’intime. Les mots chez elle se « déversent de l’infini intérieur », perdent le fil et déchirent le magnétophone tyrannique qui voudrait les pétrifier. Thierry Ardisson, dont les illustres « ouais » calfatent toute vérité silencieuse, ouvre avec beaucoup d’ironie cette invitation aux replis et à la neige hasardeuse. Son interview avortée de Milla Jovovich, retransmise en voix-off, expose un certain régime d’intelligibilité des âmes. A cette communication putassière et sexiste, Julia Perrazini oppose une reconquête du château intérieur. Des ramifications durassiennes à cet éloge du silence murmuré par Dalida, sa parole adressée ou réservée, imitée ou inventée, retisse une expérience espiègle et puissante du secret. Des rochers pailletés servent d’écrin humoristique et métaphysique à cet « Holes & Hils » qui, par-delà la réflexion sur l’identité promise par sa note d’intention, invente le genre du stand-up symboliste.

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