Biennale de la danse Grand Est

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En 2015, la vingtaine de régions administratives historiques disparaît : débats agités ! Dans l’est de la France, l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne hésitent entre « Acalie », « Nouvelle-Austrasie »… Elles choisissent finalement en 2016 de se nommer « Grand-Est ». L’occasion pour la Biennale de danse en Lorraine, qui sort de deux éditions en 2013 et 2015 (limitées à sa seule région), d’élargir sa structure et son réseau d’action : ce sera désormais la « Biennale de la danse Grand Est ». Et la région entière de vibrer au rythme de la danse contemporaine pendant deux mois.

Cette 3e édition multiplie les partenaires institutionnels. Elle s’étend du Manège à Reims à l’Opéra de Strasbourg en passant par un réseau de CCN et de scènes nationales aussi variées que la salle Poirel de Nancy, la Méridienne de Lunéville ou l’ACB de Bar-le-Duc. Trente-deux lieux qui se regroupent en une structure qui autorise davantage de (co)productions et permet aux compagnies localement installées de tourner dans les salles partenaires. Autour des poids lourds Maguy Marin (qui a ouvert cette édition 2017 à Nancy), Gisèle Vienne, Anne Teresa De Keersmaeker, Lisbeth Gruwez ou Hofesh Shechter, que le public s’empresse en masse de ne pas manquer, on découvre les créations d’artistes plus jeunes, ou confidentiels, ou locaux, accompagnés parfois par les CCN : Camille Mutel, Sylvain Sicaud, Andrea Rama ou la compagnie Virgule Flottante par exemple. Voilà donc un réseau de salles françaises qui englobe même hors de France l’Alte Feuerwache de Sarrebruck ou encore les Trois C‑L de Luxembourg, où il fait d’ailleurs bon aller faire un détour tous les trois de chaque mois pour y découvrir leur programmation, entre spectacles, work in progress, expositions, toujours autour du mouvement. Dans cette salle installée dans une ancienne usine de bananes, on côtoie la danse et les artistes avec la plus intime proximité.

À quoi sert donc cette biennale qui s’étale sur presque 60 000 kilomètres carrés et s’étire pendant deux mois ? D’abord, une mutualisation des moyens – quand il s’agit d’argent, c’est toujours très utile d’en avoir un peu plus pour faire profiter les productions. Ensuite, logiquement, permettre aux spectacles de tourner davantage, et forcément, au public de bénéficier d’une plus grande offre. Ainsi, la biennale promeut la danse avec une efficience discrète mais nette. Discrète, car pour les habitants de la région la relation avec la biennale reste parfois locale et confidentielle, cantonnée à la salle de sa ville ou au CDN voisin. La mobilité n’est pas effective pour chacun ; pourtant, « au moins on voit des trucs qui passent ailleurs et qui viennent chez nous », nous confiait une spectatrice du Forsythe à Colmar. Pour d’autres, c’est au contraire l’occasion de faire un tour dans les villes voisines : « En gros, ici on n’est jamais très loin d’une autre salle. Par exemple, en trois quarts d’heure on sera à Châlons pour aller voir De Keersmaeker, qu’on ne veut pas rater ! » entend-on à Metz.

La Biennale de la danse Grand Est, c’est aussi l’occasion, pour le reste de la France, d’aller découvrir les richesses culinaires, architecturales et culturelles de toute une région, au cours d’un road trip dansant. À vos volants !

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