Oh les beaux jours !

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C’est devenu un rendez-vous. Ce moment que l’on attend, cette rencontre que l’on rejoue fébriles et apeurés. Se faire beau, le cœur et les yeux parés des atours des jours de fête. Le printemps redevient le temps des fleurs et nous traversons l’Atlantique pour humer avec légèreté l’air frais de nouveaux horizons. Car ce que la scène a de magique et d’universel, c’est le risque et la responsabilité pris par chaque spectateur. S’assoir et se préparer à voir. Rester en éveil et veiller sur. Le rapport s’inverse ; ce sont les salles qui par la communion des cerveaux innervent les propositions du flux qui fait sens. Dans cette position inconfortable, il faudra accueillir la déception avec autant d’amour que les transcendances, l’incompréhension, l’éloignement et les faiblesses de ceux dont on se croyait aimés comme des graals pour les aurores futures. « La damnation du héros tragique c’est de parler tout le temps afin de produire le silence », affirmait Franz Rosenzweig. Merci Martin Faucher de nous offrir ces avalanches de mots et de préserver avec humanité les champs du silence.

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