Un type un peu paumé, bavard, attachant. Le genre pas éduqué, pas savant, qui mène une vie de peu, pas très brillante, mais qui a une facilité à dire des vérités sans lourdeur. Il débite confusément une quantité de choses déroutantes aussi, qu’il prend l’air de dire pour rien, comme ça. Et mieux que n’importe quel intellectuel trop studieux, il fait un sort au langage. Il y a de tout dans ce type. Une génétique qui fait envie, qui tient autant de Céline que de Houllebecq, Edouard Levé ou Eric Chevillard. Un joli métis qui doit aussi beaucoup de son charme à Dominique Pinon. Mais le travail de Novarina tient bien entendu seul. Il fabrique de la langue, crée des noms, jamais entendus, qui sonnent comme des vrais, même mieux que les vrais. Rien de poseur ou de défaillant dans cette langue qui va « comme un beau diable ». Novarina fait des mots et invente une forme d’Art brut dans le langage.

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