Real Magic

Real Magic
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Animé par des contraintes dignes d’un projet de l’Oulipo, « Real Magic » s’efforce pendant une heure trente à répéter en boucle la même scène, baignée par l’ironie et l’absurde, à la manière d’un « exercice de style » de Raymond Queneau. Bien que les comédiens excellent dans la variation de leur interprétation, le spectacle pâtit de l’exigence et de la rigueur de sa constance exacte dans l’absurde de sa contrainte, ce qui en fait paradoxalement sa qualité. Dupliquant à l’envi une scène de jeu télévisé aberrante où il s’agit de deviner le mot pensé par le concurrent, le spectacle enchaîne les bis repetita en modulant rythme, tempo, prosodie, ton : jamais la structure de la scène ou des dialogues n’implose. Il en résulte malgré les infimes transformations une certaine platitude, un défaut d’explosion du cadre. Toutefois, cette obligation à se tenir à une contrainte offre au spectateur l’expérience non négligeable d’être lui-même confronté à la contrainte étourdissante d’accepter la frustration.

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