Fuchsia Saignant, fragile tour de Babel

Fuchsia Saignant
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Deuxième opus d’une trilogie, ce postulat sur l’amour se fraie un chemin décousu dans les méandres dramaturgiques qui tentent de l’exprimer. Si l’anxiété est au centre de « Bleu », la metteure en scène grecque s’attaque ici au thème de la passion ou de l’impossible bonheur, pour lequel le volcan islandais sert de métaphore. La nostalgie de cette géographie de l’extrême se heurte à la banalité de la vie quotidienne, suggérée par un trampoline central sur lequel s’ébroue la fille qui croit en l’amour, chante le naïf fiancé rock malmené par un père cynique et se prélasse la mère désillusionnée.

Potentiellement riche, lardée de poème crétois et de tarte à la crème, de binômes touchants et parfois drôles, l’histoire laisse sur sa faim, grevée de platitudes. Si l’énergie ne manque pas, les chapitres trop démonstratifs se chevauchent sans s’associer. Demeure la musicalité des langues grecque, allemande, anglaise et française. Chaque comédien tangue avec brio entre ces idiomes multiples, naviguant à vue sur les flots mouvementés de la vie intérieure d’Anna Lemonaki.

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