Galilée, le mécano

Galilée, le mécano
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Galilée, sous la verve du charismatique Jean Alibert, n’est plus seulement le prolongateur de la fin du géocentrisme, le père de la science expérimentale et de la lunette astronomique : il devient un homme, un être de chair et d’esprit, dont on se plaît à écouter les péripéties existentielles. Le comédien, dans un monologue foisonnant, parvient à lever la difficulté de l’exercice biographique : de sa volubile présence, occupant avec puissance la scène épurée, celui-ci module sa voix et son récit au rythme des aventures du mathématicien, avec l’air de découvrir celles-ci à mesure qu’il les raconte. La sobriété de la scénographie fonctionne parfaitement – par complémentarité – avec la densité du propos, qui virevolte entre la multiplicité des anecdotes, les allers-retours historiques et les évocations d’autres « protagonistes » de l’époque (le pape notamment) : pas besoin de détails faussement distrayants. Anachronismes et familiarités langagières – loin de toute démagogie – font œuvre ici de pédagogie. Échappant à tout écueil didactique, généreux sans être vulgarisateur, Jean Alibert propose une épopée galiléenne où l’on découvre de façon enlevée, grâce aux multiples voix du comédien, l’épaisseur vivante de l’homme qui échappe par miracle au bûcher.

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