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Très loin de l’ « indifférence » qu’il prônait en politique, François Mitterrand est incandescent dans sa correspondance avec son amour absolu et clandestin Anne Pingeot. Avec beaucoup de sensibilité, à travers des tremblements de voix qui suggèrent autant le vacillement de la passion que l’inquiétude de celle qui restera toute sa vie « femme de l’ombre », la comédienne Nathalie Savalli donne à entendre des extraits de 1 200 lettres échangées entre 1962 et 1995. En arrière-plan, l’intensité de la vie politique qui occupe le président – tournées de députés, discours, que la mise en scène restitue à l’aide d’images d’archives – laisse toute sa place à l’envahissement de la passion. Face à la comédienne, des sculptures – fragments de corps nus en bronze, suspendus à une tige de fer – rappellent la grâce et le risque de tout amour fou : une puissance suspendue à un fil.

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