La nostalgie des machines

Avec un U-boot
Par

(c) Michaël Abbet

Un homme et une femme dans un sous-marin. Le pitch de ce spectacle aqua-méditatif a l’avantage d’être clair et concis et de ne pas réduire la portée de ce qui se joue sur scène. Car l’essentiel est ailleurs. Ce n’est pas à un théâtre de fiction mais à une dérive en profondeur que cette installation nous convie, trouble et obscure comme le sont les eaux des grands fonds. Josh et Ludmilla sont par moments très affairés à maintenir les machines en ordre, émus par les nouvelles épisodiques des proches, en doute face à leur capacité à rester isolés, confinés et privés de lumière plus longtemps. L’exiguïté est renforcée par cette scénographie très réussie qui réinvente dans son coin les codes du genre dans une esthétique rétrofuturiste qui se suffirait à elle-même. On en vient à se demander si le texte, anecdotique par choix, est nécessaire tant le plaisir d’observer les allées et venues de ces deux êtres mi-paumés, mi-engagés dans cet univers technologique désuet au charme fou happe l’attention. La construction dramaturgique hésite et ne plonge finalement ni dans la contemplation ni dans un réel propos à explorer. On retiendra cependant la présence très attachante et toujours juste de Christian Cordonier, l’étrangeté d’Isumi Grichting, et la scène finale, épilogue en son et en images, comme un précipité du voyage dans le voyage.

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