A plates coutures

Machines à en découdre

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Il faut 9 minutes 30—pas une de plus !— pour confectionner un soutien-gorge. Et nous espérons qu’il vous en faudra moins, pour vous convaincre, au terme de cet article, d’aller voir cette pièce. L’argument ? Des ouvrières qui refusent la fatalité d’une existence cousue de fil blanc. De décennies à s’échiner dans les ateliers, de mornes années d’exploitation grise, comme enfermées dans « du coton invisible » ; de « vies minuscules » pour parler comme Pierre Michon, de journées à  « baisser la tête et serrer les fesses ». Et puis soudain…plus rien ! Dehors ! Cassez-vous, pauvres connes ! Et surtout ne la ramenez pas ! Trop chères ! Trop vieilles ! Usées ! Bonnes à la casse ! Des poubelle-girls ! Eh bien non ! Non au rendement, aux délocalisations, aux fonds de pension ! NON !

Ça pourrait ressembler à du mauvais Zola. C’est une résurrection. Après avoir fait tapisserie, les voici désormais debout, entétées, implacables.

On pleure, on rit, on chante…et même si parfois on déchante, on résiste !

Et comme dans la chanson, c’est bien la preuve qu’on « existe, dans ce monde égoïste ».

Il y a mille et une manières d’entrer au Panthéon des luttes. Ces femmes y sont parvenus par le chas d’une aiguille. Saluons-les, et rendons grâce aux comédiennes qui les incarnent, à leur metteuse-en-scène et à l’auteure de cette histoire collective. Celle des femmes « Lejaby » qui n’ont pas voulu que leur usine ferme, pas plus qu’elles n’ont accepté de la fermer.

Vous ai-je dis qu’il s’agissait d’une reprise ? D’une reprise qui nous parle de Couturières ? ! Avouez que quand on aime le théâtre, c’est un signe, non ? !

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