Jessica Lang Dance

Jessica Lang Dance au Joyce Theater

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« Lyric Pieces » © Christopher Duggan

Jessica Lang Dance a réussi à s’imposer en quelques années dans le paysage chorégraphique américain, à tel point que son travail a atteint aujourd’hui un degré de maturité esthétique qui l’apparente aux plus grands noms de la danse contemporaine. Il faut dire que l’ancienne protégée de Twyla Tharp a su concevoir un répertoire d’une richesse quantitative et qualitative remarquable, avec une centaine de pièces depuis 1999. Après une longue carrière de freelance, Jessica fonde sa propre compagnie en 2011 : le Joyce Theater, dans le cadre du showcase de l’American Dance Platform, a eu le bon goût de réunir trois de ses œuvres phares pour deux représentations exceptionnelles.

Ce qui caractérise le travail de la chorégraphe new-yorkaise, au premier abord, c’est une forme d’épure esthétique qui ne confine en rien au simplisme. A l’aise, comme son aînée Twyla, dans le détournement à la fois drôle et délicat de danses folkloriques avec « Lyric Pieces » (2013), sur une musique de Grieg (jouée en live), et déployant un fantasque jeu d’accordéons de papier ; mais aussi dans le conceptuel luminescent avec « Glow » (2017), création pour 5 danseurs et un néon, témoignant d’une liberté de mouvements et d’un sens du rythme particulièrement persuasif. Fascination immédiate, au milieu de ces deux pièces, pour « The Calling » (2006). Solo ultra-court de 6 minutes, il offre à la danseuse Kana Kimura, sur fond du chant médiéval « O Maria, stella maris » un moment de beauté saisissante : tour à tour fontaine de tissu, abîme blanc, son immense robe semble un corps à la fois étranger et organique. Une pièce exceptionnelle que l’on aimerait voir reprise sur une scène parisienne.

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