Le Relais

Passeurs de fraternité

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Basés au théâtre de la Parfumerie de Genève, Patrick Mohr et sa compagnie le Théâtre Spirale ont fait le voyage jusqu’au Festival d’Avignon pour présenter« Le Relais ». C’est dans le bel écrin du parvis d’Avignon que, pendant une petite heure, le conteur suisse nous emmène dans une touchante histoire d’errance, où se croisent un metteur en scène itinérant, un immigré burkinabé et un barman bourru. Patrick, en se promenant seul avec son décor dans sa camionnette, échoue dans un relais d’autoroute, où il rencontre Désiré Ouedraogo, qui y travaille. Il s’avère que Patrick a visité le Burkina Faso, et même le village de Désiré. Ils sympathisent, et ça déplaît à Roger, le collègue de Désiré. Et après une joyeuse bagarre où l’on en vient même à botter les fesses du patron, les trois larrons s’enfuient ensemble dans les bois, où ils vont se découvrir, en s’accrochant au fil rouge de l’histoire de l’immigré africain, qui a fui son pays pour retrouver sa fiancée perdue.

C’est avec cette générosité et cette spontanéité si propres aux conteurs passionnés que Patrick Mohr nous embarque à lui seul dans un beau récit d’amitié où se côtoient des légendes africaines et des chants suisses, et où l’expérience de l’adversité aide les hommes à transcender leurs différences et à se tendre la main. Le genre de récit émouvant que l’on accuse souvent aujourd’hui de naïveté – fort malheureusement – et qui en devient d’autant plus nécessaire.

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