Festival de la Cité : Lausanne à l’heure d’été

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© Festival de la Cité Lausanne 2019 – Michel Bertholet

Sur les bords du lac Léman, à mille lieues de la fournaise et de la frénésie avignonnaises traditionnelles du mois de juillet, s’est tenue du 9 au 14 juillet la 48e édition du festival de la Cité de Lausanne. C’est perché autour de la cathédrale, en haut d’un interminable quoique charmant escalier, que le public est venu en masse assister aux nombreuses propositions (gratuites) du festival. Car oui, au festival de la Cité l’ensemble des manifestations est gratuit. Concerts, danse, théâtre, installations, tout est en accès libre, ce qui ne laisse au festivalier avide de découvertes que l’embarras du choix. En écho à de nombreuses initiatives qui fleurissent çà et là ces dernières années et qui visent à atteindre un public large et parfois réfractaire ou peureux, le festival lausannois, temps fort de l’été suisse, revendique le mélange des publics, en termes d’âge tout autant qu’en termes de milieu socioculturel.

Côté programmation, le festival proposait un savant cocktail d’artistes confirmés (on a pu retrouver Gaëlle Bourges et Émilie Rousset) et d’artistes plus confidentiels, telle la plasticienne Julie Gilbert et sa « Bibliothèque sonore des femmes » ou le groupe de folk psyché turque Derya Yildirim & Grup Simsek. Mais si on a été enchanté de découvrir ce groupe que nous n’aurions probablement jamais entendu sans Lausanne, c’est par le Collectif BPM et Billie Bird que notre cœur a été ravi.

Billie Bird, c’est une Lausannoise à guitare, une femme au regard doux et à la voix forte planquée derrière son instrument. Au carrefour de la folk et de la pop, Billie Bird connaît depuis la sortie de son EP « La Nuit » une notoriété grandissante qui l’a amenée il y a quelques mois à passer la frontière pour jouer en France. On a retrouvé avec un bonheur non dissimulé son nom sur le programme et sa dégaine à la Cat Power sur scène, mais on n’a malheureusement pas pu assister à l’intégralité de son concert (sommes-nous jaloux de ceux qui l’ont pu ? Mille fois oui), car il fallait partir rejoindre la scène où se produisait notre autre chouchou du festival : le génial Pierre Mifsud et son collectif BPM.

On a retrouvé Pierre Mifsud le cœur battant, tel un amour de jeunesse pas vu depuis longtemps. On avait tant aimé la « Conférence de choses », son hilarant spectacle-fleuve conçu avec le non moins génial François Gremaud. Les retrouvailles allaient-elles être à la hauteur de nos souvenirs et de nos attentes ? En un mot comme en cent : oui. Une heure qui passe en cinq minutes, la nonchalance travaillée de Pierre Mifsud qui réussit à faire rire d’un haussement de sourcil, la force comique et l’abattage phénoménal de Léa Pohlhammer et de Catherine Büchi (le trio s’étant rencontré au sein de la 2b company), les souvenirs brassés par cette « Collection » qui nous parle d’un temps que les moins de x ans n’ont pas pu connaître, ce temps où on frimait à Solex et où on tirait sur le fil du téléphone pour l’embarquer jusque dans sa chambre et avoir un peu d’intimité, ce temps où les parents étaient franchement pénibles et où les parents ce n’était pas encore nous, on a tout aimé, on en a redemandé, et sitôt sorti on s’est dit que, quand même, vivement la prochaine fois.

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