« Avec le cochon de lait, la féerie est ce que je connais de plus lourd. »

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Oui, nous en sommes conscients, en cette quatrième édition avignonnaise du journal, c’est à une confrontation avec les remparts du réel et à l’âpreté du concret que nous devons nous préparer. Grandir, c’est renoncer. Bénir la fournaise qui l’a vu naître, c’est aussi embrasser ce qui métamorphose cette ville jadis sainte en une kermesse sacrée dont les autels dressés derrière chaque porte appellent tout autant à l’introspection qu’à la catharsis. Notre mission est simple : s’enfoncer dans l’inconnu qui creuse et essayer de remonter quelques gouttes du suc à la surface ; partager le bruit nécessaire et le trop peu de silence, les retrouvailles et les rendez-vous manqués, ce qui demeure et ceux qui émergent. Car nous nous apprêtons à jeter nos corps perdus pour trois semaines au cœur du délire et de la frénésie. Ne boudons pas ces extravagances à venir ; les déluges de mots et d’images, les débats sans fin, les pavés sans la plage et l’attelage addictif à l’écriture nous rendront plus humains que la méditation et l’orthorexie. Ce sera un mois de juillet chaud (dans toutes les acceptions du terme), un été d’excès et d’extra, de fureur et de vie. L’intensité brûle tout trop vite, il s’agira alors d’y plonger ensemble sans hésitation et de célébrer les noces éphémères du peuple et des plateaux.

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