Déborder des marges

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Dans chaque projet, le cadre vient à se créer. Parfois nécessaire, il se fait vite encombrant, bornant de ses angles les envies furieuses ou les rêves trop grands. Le travail quotidien devient alors une lutte, un bras de fer entre les normes et soi, entre la bienséance et l’intime conviction. Dans cette quatrième tentative de parcourir pendant trois mois le Festival d’automne à Paris, nous avons souhaité écarter les murs, trouer les frontières et laisser respirer dans nos pages d’autres disciplines et d’autres horizons. La Suisse sera ainsi notre hôte de marque tout au long de l’année, et c’est avec fierté que nous serons lus et distribués ici et là-bas. Les sentez-vous dans votre main ? L’épaisseur des pages qui s’accumulent, le refus de se laisser cloîtrer, le désir viscéral de défendre des spectacles ? Nous avions besoin d’espace pour que les créations et les festivals du monde puissent y trouver un coin où s’étendre. Nous avions besoin ensemble de faire résonner autrement l’exercice critique. « Et il avait raison, Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n’a pas pu combler son désir d’en irradier sa vie entière, c’est que la société le lui a interdit. » (Antonin Artaud)

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