Critiques

Echapper au male gaze

5 août 2026
Sur les écrans des caméras de sécurité, une femme danse. Lascive, séductrice. Un homme, captivé par l’image, se masturbe. En une seule scène, Hélène Rosselet-Ruiz condense tous les enjeux de son premier film, Le Triangle d’or : le male gaze, l’enfermement et les rapports de domination.  Avant d’intégrer l’armée, Lora

Seum, slam, slalom

23 juillet 2026
Avec une grande intelligence, l’auteur et metteur en scène Hicham Boutahar recourt à une forme théâtrale très codée, pour mieux penser les violences policières comme symptômes d’un dévoiement de principes politiques. « J’apprends à parler leur langue », lance Moha, jeune homme racisé, issu d’une cité de banlieue, qui vient

La mémoire des murs

19 juillet 2026
L’artiste Olivier Crouzel, à l’occasion du chantier d’une salle de concert mythique en périphérie de l’agglomération bordelaise, le Krakatoa, a eu carte blanche pour fabriquer un matériau artistique issu du chantier lui-même. Du fracas a jailli une œuvre fascinante, entre archéologie et mémoire, comme un pont entre l’avant et l’après.

Surhommes

18 juillet 2026
Bang bang, solo à succès du canadien Manuel Roque , revient en version 2.0, à savoir avec une nouvelle paire de jambes athlétiquement au top (impossible autrement) pour une performance qui indifférencie presque danse et sport. Sur un beat minimal, le duo répète les mêmes pas avec un acharnement digne

Corps intranquilles

14 juillet 2026
Paisiblement est, contrairement à son titre, une danse de l’après-coup, sur le qui-vive d’une prochaine destruction. Les trois corps au plateau, dont le chorégraphe franco-syrien Mithkal Alzghair, endossent les échos d’un massacre, celui de la communauté druze de Sweida en 2025, et palpitent d’un tremblement révolté, quoique toujours inquiet. Leurs

Fièvre relative

11 juillet 2026
Ce sont les mots de Guibert, convaincu qu’une vie à deux entre amants séropositifs est impossible et dégradante, qui nous reviennent souvent en tête face à Garçon Fièvre, spectacle qui s’inscrirait précisément en contrepoint. Et ce, parce qu’il choisit comme matière théâtrale la biographie d’un optimiste, Tim, homme gay ayant

Protocole amphibie

11 juillet 2026
Le risque est grand d’esthétiser la mort, d’ensevelir sa crudité sous la beauté plastique. Sans doute est-ce refus d’édulcorer non pas tant la mort que ce qui la précède, la « fin de vie » – expression consacrée, substantivée, juridicisée, qui, comme telle, n’est pas sans déréaliser l’horreur de l’agonie, qui

À pied d’œuvre

10 juillet 2026
Deux artistes à pied d’œuvre, comme titrait l’une d’entre elles dans son dernier film : Delphine de Vigan signe sa première œuvre dramatique, Valérie Donzelli sa première mise en scène. Mais pourquoi une cinéaste si inventive adapte-t-elle une pièce si caricaturale sur son propre milieu ? Peut-être pour creuser le

Mayday

9 juillet 2026
Démarche touchy que de chorégraphier ni plus ni moins que les gestes qui sauvent ; en l’occurrence, ceux des sauveteurs de l’Ocean Viking, dont l’asso SOS Méditerranée est décisive pour la survie de nombreux réfugiés. Et une chose est sûre, la chorégraphe Fiona Houez est d’une grande rectitude morale :
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